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Portrait de créateur

Camille – Shandor

Créatrice arty & inspirante

Bonjour à tous,

Pour ce premier (vrai) article du journal, nous avions envie de parler de celles et ceux qui nous passionnent : les créateurs. Il était évident pour moi de commencer par le portrait de Camille, créatrice de Shandor. Pourquoi ? Parce que c’est la première créatrice à m’avoir fait confiance il y a 4 ans pour son premier shooting photos. Parce que grâce aux shooting qui ont suivi, j’ai compris que j’aimais réellement faire ce travail de photographe auprès des entrepreneurs. Parce qu’on est devenu copine et notre relation de confiance va au delà de notre job. Parce que nos journées de séance photo sont toujours de beaux moments ! Et puis parce que j’aime les créations Shandor et ses valeurs. Voilà pourquoi :). Nous espérons que ces articles sous forme de « Portrait de créateur » vous plairont et nous en ferons autant que possible. L’idée est de découvrir et comprendre l’histoire d’une marque, ses inspirations et ses engagements. Être photographe pour les entrepreneurs va bien au delà d’une simple photo. Assez parlé, laissons la place à Camille !

  • Pour commencer, peux-tu nous dire qui se cache derrière Shandor ?
Je suis Camille Fosse, j’ai 34 ans et je vis en Normandie, près de Caen. Je suis maman d’une petite Ysé, qui aura 4 ans dans quelques mois et qui fait pétiller notre vie. Je suis une passionnée d’art et j’ai une personnalité très créative, il faut sans cesse que j’occupe mes mains pour fabriquer des objets, inventer des histoires, dessiner des images… Je passe d’une idée à l’autre en quelques secondes, mon esprit est en ébullition permanente (c’est parfois fatiguant !). En créant Shandor, j’ai réussi en quelques sortes à canaliser cette créativité qui peut être assez envahissante …
  • Le mot « Shandor » a-t-il une signification particulière ?
Shandor est le prénom que portait mon arrière-grand-père maternel, c’est la forme hongroise du prénom Alexandre. Historiquement et symboliquement, c’est un prénom qui signifie la force, le courage et le combat, des qualités essentielles lorsque l’on monte son entreprise ! J’aimais aussi sa sonorité, douce et puissante à la fois, et ce qu’il représentait dans mon histoire familiale. Choisir son prénom m’a donc paru assez évident pour incarner mon projet.
« Shandor est un prénom qui signifie la force, le courage et le combat »
  • Pourrais-tu résumer en quelques mots ce qu’est et ce que vend Shandor ?
Le sous-titre de Shandor, c’est « creative design for modern Life », ce qui est assez vaste, tout comme mon activité. Shandor est une sorte de studio créatif doublé d’une marque dont la spécialité tourne autour de la création de motifs graphiques, que je dessine et que je fais imprimer sur différents supports, aussi bien sur des accessoires de decoration que sur des accessoires de mode ou des produits pour enfants. Je développe mes propres collections que je commercialise soit sur mon site Internet (www.shandor.fr), soit par le biais de revendeurs indépendants un peu partout en France. Je travaille également pour différentes marques qui me commandent des motifs exclusifs sur mesure.

« chacun à un rôle à jouer et dispose de moyens simples pour agir, donner du sens à ses choix et construire le monde de demain. »

  • Quels sont les engagements et les valeurs que tu mets en avant avec ton entreprise ?
Ce sont des valeurs simples : le respect du travail de l’homme et de l’environnement, qui devrait être la norme. Je fais très attention aux matières que j’utilise, lorsque c’est possible, je privilégie des textiles ou des supports naturels, ou issus du recyclage ou de l’agriculture biologique. Tout n’est pas parfait, je dois me battre pour me fournir certaines matières et certaines choses sont encore inaccessibles à ma petite échelle. Mais petit à petit, les choses bougent, les demandes grandissent et les mentalités évoluent. Je travaille au maximum en circuit court, en m’approvisionnant chez des fabricants français ou européens. Non seulement pour limiter mon bilan carbone, mais aussi parce que je sais que les conditions de travail y sont exemplaires, que les employés sont bien traités et que cela permet de participer au maintien de leurs emplois et de leur savoir-faire. Je confie également une partie de ma production à un atelier d’insertion social en Normandie. Elle a pour mission de former des personnes en situation de précarité (jeunes défavorisés, réfugiés, anciens prisonniers, personnes atteintes de problèmes psychologiques…) pour les aider à se reconstruire. Tout ces choix m’obligent à pratiquer des marges très serrées pour rester compétitive aux côtés de grandes marques qui délocalisent pour faire toujours plus de profit. Mais je pense qu’à l’époque actuelle, il n’est plus possible de créer son entreprise dans le but de s’enrichir. Chacun à un rôle à jouer et dispose de moyens simples pour agir, donner du sens à ses choix et construire le monde de demain.
  • Savoir se différencier est une des clés du succès, il est clair que Shandor a son propre style, ses propres inspirations et on adore ! Quels conseils pourrais-tu donner pour arriver à se différencier ?
C’est tout un équilibre car il ne faut pas non plus être complètement hors du temps et des tendances, être trop différent pourrait isoler plutôt que de rassembler. Ayant toujours eu un attrait pour l’art et le milieu graphique, je nourris mon imaginaire depuis mon enfance à travers des expositions, des livres et des expérimentations, comme une bibliothèque mentale, dans laquelle je puise en permanence. À côté de cela, je suis constamment en veille pour sentir la prochaine couleur que l’on aura envie de porter ou de voir chez soi, l’imprimé qui va plaire etc, et j’essaye de m’approprier toutes ces informations pour créer quelque chose d’autre, qui me plaira avant tout à moi. Mon conseil serait donc de garder ses yeux grands ouverts, d’observer tout ce qui peut nourrir positivement son esprit tout en restant connecté à son époque.
  • Justement, le style Shandor tu le définirais comment en quelques mots ?
C’est super difficile de définir le style de Shandor car il est sans cesse en évolution et je n’ai pas envie de l’enfermer. Néanmoins, certains mots reviennent en permanence dans la bouche des autres pour décrire mes créations : arty, graphique et poétique. Je suis plutôt en accord avec ces adjectifs, je pense que le terme « arty » traduit mes influences artistiques. Les termes « graphique » et « poétique » décrivent des imprimés plutôt contemporains, dotés d’une certaines sensibilité, comme une rêverie.
« je pense que le terme « arty » traduit mes influences artistiques »
  • Peux-tu nous citer 3 créateurs/artistes/entrepreneurs qui t’inspirent le plus en ce moment ?
Je suis très admirative du travail d’Inès Longevial, je trouve qu’elle redonne un souffle de modernité à la peinture traditionnelle et son travail sur le corps et les couleurs est époustouflant. Sinon, j’admire aussi beaucoup le parcours de Mathilde Cabanas, qui a su faire de son style une marque à part entière. Le succès, les valeurs et la créativité de Guillaume Gibault, le créateur du Slip Français, m’inspirent beaucoup aussi.
C’est la meilleure des récompenses ! À l’heure où les liens humains sont de plus en plus virtuels, vendre ses créations sur Internet peut être assez frustrant parce que nous sommes coupés des réactions et des émotions de la clientèle. Alors Lorsqu’un ou une cliente fait l’effort de partager une jolie photo d’un produit, cela vaut vraiment tout les compliments du monde ! Ça me booste au quotidien pour continuer à développer ma marque.
  • Evidemment, on a envie de parler un petit photo. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur la place des images pour les entrepreneurs et notamment pour les créateurs ?
Lorsque Internet est notre principale vitrine, il est primordial d’avoir des photos d’une qualité irréprochable, ce sont elles qui forgent l’identité de la marque dans les esprits de nos visiteurs. Non seulement celles-ci doivent refléter l’univers de la marque mais elles doivent être également inspirantes et véhiculer nos valeurs. Il ne faut surtout pas hésiter à faire appel à un photographe professionnel pour réaliser ses shootings. C’est un vrai métier et c’est une grosse erreur de sous-estimer son importance. Des photos non professionnelles se repèrent très vite et nuisent clairement à l’image de la marque.
  • On a eu l’occasion de réaliser plusieurs shooting ensemble et c’est toujours un vrai plaisir de se retrouver ! Quelle importance tu accordes à ton entourage professionnel et aux liens que tu entretiens ?
Le plaisir doit être au centre, toujours ! Je ne peux pas fournir de travail de qualité si le feeling n’est pas au rendez-vous et que le travail devient une corvée. J’ai la chance de pouvoir travailler avec des personnes dont le travail m’inspire vraiment et j’aime faire en sorte que cette relation perdure et évolue au rythme de la croissance de l’entreprise. En faisant appel à tes services à plusieurs reprises par exemple, j’ai vu que ton travail gagnait à chaque fois en cohérence. Si bien qu’aujourd’hui, je n’ai plus besoin d’expliquer où je veux aller, je peux te confier la direction d’un shooting les yeux fermés. C’est précieux !
  • Au delà du fait que tu sois une femme, Le Girl Power, l’entreprenariat au féminin, les slogans « The future is female », ça te parle un peu, beaucoup, pas du tout ?
Ça résonne, ça me parle fort. Durant mes études d’art, j’ai toujours été surprise de voir à quel point les femmes étaient absentes de l’histoire de l’art et des musées. Les femmes, tout comme les hommes, ont besoin d’exemples passés pour construire leur présent et ce manque d’exemples féminins est un gros problème pour la légitimité des femmes à se tenir à telle ou telle place, à être prise au sérieux. J’en ai moi même souffert dans différentes situations lorsque j’étais plus jeune et plus vulnérable. Aujourd’hui, je suis maman d’une petite fille et avec son père, nous voulons lui éviter certains schémas encore trop patriarcales, nous voulons faire en sorte qu’elle ne se sente jamais limitée par son genre dans ses capacités ou ses futurs projets. Mais je suis de nature positive, je veux croire que toutes les actions féministes que nous menons actuellement ont un impact et participent à faire évoluer les mentalités pour améliorer le monde de demain.
  • Tes derniers coups de coeur (livre, film, groupes de musique, expo etc.), c’est quoi ?
Dernièrement, j’ai à nouveau visité l’atelier Brancusi à Paris , à côté du centre Pompidou, c’est tout petit, c’est gratuit, et j’adore aller contempler cet espace et ses œuvres, je trouve l’endroit très apaisant. Côté musique, j’ai découvert le groupe « Bagarre » au Pitchfork music festival, alors que j’y tenais un stand avec les créateurs de la boutique Klin d’œil, j’ai adoré leur énergie, ils ont littéralement électrisé la scène ! Côté lecture, j’ai eu un gros coup de cœur pour la trilogie de Virginie Despente, Vernon Subutex. Son récit reste profondément encré dans ma mémoire, j’attends la série avec impatience.
  • As-tu un rêve un peu fou que tu aimerais nous dévoiler (tout est permis !) ?
Franchement, au risque de décevoir, j’ai des rêves très simples ! J’aimerais que Shandor se développe suffisamment pour pouvoir créer des emplois, être un jour propriétaire d’une jolie petite maison à la campagne pour abriter ma petite famille, et surtout, la plus grande des richesses : avoir du temps pour profiter de la vie et des gens que j’aime !
  • Quels sont les projets, évènements, nouveautés à venir chez Shandor ?
Houlala, beaucoup de choses ! Cette année, je vais continuer de développer les illustrations sur papier qui semblent beaucoup plaire, je travaille aussi en collaboration avec une créatrice d’accessoires pour bébé qui réutilise mes chutes de tissus pour les transformer en jolies créations. Il y aura des collaborations avec différentes marques de mode que je ne peux pas encore dévoiler, et j’aimerai étoffer la gamme de produits de décoration.
  • Pour finir, un petit mantra, une citation que tu as envie de nous partager ?
J’aime beaucoup cette citation de Winston Churchill :
« Le succès, c’est d’aller d’échec en échec, sans perdre son enthousiasme ».
On est trop souvent tétanisé par notre peur d’échouer, on ne supporte pas de décevoir ou de se décevoir soi-même. Pourtant, lorsque l’on entreprend, il faut apprendre à faire avec l’échec, il fait clairement partie du jeu, il est même nécessaire, on ne peut pas gagner à tous les coups. Il faut savoir l’analyser, prendre du recul et en tirer les leçons pour pouvoir avancer. C’est une expérience souvent bien plus instructive que n’importe quelle formation gratifiante.
  • Merci beaucoup pour tes réponses et le temps que tu as consacré à notre petit journal (coeur avec les doigts) !

Pour suivre les aventures et nouveautés Shandor :
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